Chapitre 1 · 15 min

Introduction

La proposition d'un modèle économique, permis par la monnaie libre — une expérimentation concrète, économique et civile.

Introduction

masc.

Ce livre est un essai : la proposition d'un modèle économique, permis par la monnaie libre. Je désigne par là une seule et unique devise, dénommée June, qui applique la Théorie Relative de la Monnaie – TRM.

Ce modèle n'est pas une théorie universelle. Je vous fais la proposition d'une expérimentation concrète, économique et civile. Une expérimentation qui peut démarrer sans condition, même à l'échelle d'un petit nombre. Mais c'est en passant à l'échelle d'un bassin de vie qu'elle change de portée et devient… économique.

Ce livre n'est donc pas un guide, encore moins un kit. Il ne vous dira pas quoi faire lundi. Il propose des repères concrets et conceptuels pour nourrir une réflexion collective. Le passage à l'action vous appartient.

L'expérience est destinée en premier lieu aux « monnaie-libristes » — quelque 8.500 créateurs monétaires de DUĞ1 à l'heure où j'écris ces lignes. Mais je m'adresse également à toute personne intriguée par le don avec un regard anthropologique ou économique ; aux personnes affranchies qui peuvent consacrer du temps et des savoir-faire ; à celles qui cherchent à créer un monde alternatif ; aux jeunes adultes qui ont la possibilité de faire des choix de vie.

Or le pouvoir de la création monétaire est avant tout celui de créer une économie. Une monnaie n'a aucun lieu d'être sans une économie à servir.

Il n'est ici question que d'une économie du don. Rien d'autre.


Monnaie-libristes

fém.

Une partie des junistes ont la volonté d'engendrer une économie monnaie-libriste ; une autre y voit un moyen de rectifier notre économie euro ; d'autres encore y voient un jeu. Les portes d'entrée sont multiples : le logiciel libre, la blockchain et la Toile de Confiance, la sémantique du « dividende universel », les monnaies locales.

Pour témoigner de mon propre cheminement, je suis arrivé sur la june depuis l'étude de l'économie, menant à la création monétaire, en passant par la case Bernard Lietaer. Donc par la porte de la TRM, moins fréquentée.

Beaucoup d'énergie est mise sur la tentative de « convertir » des commerçantes dans une démarche très prosélyte, vivant la monnaie libre comme une monnaie locale. C'est naturel — on reproduit des schémas familiers. Mais rester là-dessus ne crée pas une économie.

Car l'économie – avant l'échange – c'est la production.

J'utilise l'image de la première vitesse et du geste de « passer la seconde ». Rester en première, c'est énormément d'énergie pour avancer au pas.

Il manque à beaucoup d'endroits la notion de finalité. Changer de devise n'est pas suffisant. Chaque groupe peut définir sa propre finalité — il en faut une. La monnaie libre n'est pas une baguette magique.

Le leitmotiv de l'autonomie collective à échelle humaine est un excellent candidat, en tant que finalité.

L'autonomie n'est pas un repli sur soi, c'est le premier leitmotiv des parents envers leurs enfants. L'année 2026, où je reprends cet essai, s'annonce comme une année de défis. J'appelle de mes vœux la démarche collective de moins subir les agendas.

L'intention ici est de proposer un modèle, comme un os à ronger — quelques repères économiques, administratifs et symboliques. Progresser sur un terrain vierge nécessite de tâtonner et, dans notre cas, de la créativité.

Ce n'est pas encore l'heure du « prêt-à-porter ».