fém.
Je crois que l'événement est un bon outil pour régénérer de l'énergie, je mise sur cette vertu de l'événementiel, une date, un début et une fin, une cadence, un rassemblement, un marqueur.
Je suis souvent chagriné par les entre-soi manifestes, non seulement des monnaie-libristes, mais aussi de nombreuses organisations altermondialistes ou solidaires. Comment rendre tout ça plus perméable, poreux, interconnecté ?
Paradoxalement l'idée de la fédération ne semble pas si fructueuse. Fédérer requiert un prosélytisme et convoque la notion de représentation, de la voix unique ou officielle. Le propos me semble davantage tenir dans des coopérations ponctuelles, la factorisation des efforts, la visibilité collective, la complémentarité.
Plus modeste, plus réaliste.
Sa raison d'être ? Passer la seconde. De quoi ? D'une autonomie collective. Où ça ? À l'échelle du bassin de vie. Pour qui ? Toute personne qui veut une émancipation populaire, agir, ne pas subir.
Un événement structurant sur deux jours, reposant sur deux jambes : vie numérique et économie ; logiciel libre et monnaie libre.
Le chapitre économie pourrait contenir un Ğ(marché), un Ğeconomicus, et produire des feuilles de route pour les productions à suivre. Le chapitre logiciel libre pourrait contenir une install party linux, la présentation d'un bouquet de services et le déploiement effectif des premiers nœuds du réseau (stockage ipfs, réseau monétique, ia localisée, messagerie chiffrée, nextcloud, forum, wiki, cms, visio, …).
Bienvenue au Librodrome, un rendez-vous chorégraphique et ludique, une performance artistique d'émancipation civile économique.
Je me suis dispensé de toute fiche prête à l'emploi. Ce n'est pas démissionnaire, c'est fait pour déclencher les initiatives sans les préfigurer. Voici quelques questions déterminantes pour une réflexion orientée vers l'action.
Quelles sont nos ressources ?
Les premières sont humaines. C'est nous. Quelle disponibilité je peux dégager ? Quelles sont mes aptitudes, les rôles que je peux jouer ? Un premier topo des ressources matérielles et logistiques permet de voir d'où on part, et de repérer ce qui manquerait.
Quel chemin ?
Au-delà des productions individuelles, quel besoin ou plaisir voulons-nous couvrir ? Par quoi on commence ? À quelle échelle — à rayon de vélo, à l'échelle du groupe local, de la vallée ?
Étaler les envies les plus mobilisantes puis faire le tour des contraintes et des facilités permet d'y voir plus clair. Quand une idée commence à agréger un bon nombre de personnes, projeter l'ambiance de la production choisie, sans se brider, met de bonne humeur. Lorsqu'une équipe prend forme autour d'une production, dépoussiérer très tôt le traitement des conflits et des départs paraît sage.
Quel est notre rythme cardiaque ?
Quels protocoles pour prendre rapidement les décisions ? Quels espaces pour raisonner ensemble, quels outils ? Ces aspects peuvent être traités sans précipitation. Attention aux « commissions » hâtives dans les petits nombres, car elles satellisent et nuisent à la fluidité. Plutôt que de préfigurer comment doivent être prises les décisions, un « observatoire des décisions » qui consigne comment elles sont prises dans les faits, constituerait une base de réflexion initiale très riche. Pour donner sa chance à de nouvelles façons de faire, il faut leur donner la chance de se manifester.
« Une chorégraphie du don ne se télécharge pas en fichier .ods. Elle s'improvise à plusieurs, elle se répète, elle se rate parfois, elle se réécrit selon les personnes et les lieux. Ce livre a seulement tenté de décrire quelques pas de danse possibles, à vous d'inventer les vôtres. »